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Affichage publicitaire XXL : c’est non !

publié le 9 février 2016

Le ministère de l’Écologie avait mis en consultation publique, jusqu’au 9 février 2016, un projet de décret relatif à l’affichage publicitaire, qui sous couvert de « mesures de simplification », proposait de revenir sur les rares avancées obtenues lors du « Grenelle de l’environnement ». 60 000 personnes et de nombreuses organisations dont la FFUTAN ont participé à cette consultation !

La FFUTAN a manifesté sa plus totale désapprobation aux dérogations prévues dans ce décret pour les motifs suivants :

  • énergétique : A peine un mois après le grand élan qui a mené à l’accord de Paris COP21, un tel projet de décret effectue un pas en arrière considérable : ce serait des dizaines de milliers de panneaux lumineux en plus, constituant, de surcroit, une source supplémentaire de pollution lumineuse oh combien néfaste pour la biodiversité. . Alors que tout le monde recommande une réduction de la consommation énergétique, ces panneaux sont une aberration.
  • pollution visuelle

Il nous semble impératif de « limiter les nuisances visuelles pour l’homme et l’environnement ».

Le Grenelle de l’Environnement avait apporté en 2010 quelques avancées significatives dans la lutte contre la pollution visuelle, notamment la suppression de la quasi-totalité des préenseignes dérogatoires hors agglomération et dans les communes de moins de 10.000 habitants. Le projet de décret mis actuellement en concertation publique va exactement dans le sens opposé. Il remet en cause des dispositions de la loi n° 2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l’environnement (dite loi « Grenelle II »), entrées en vigueur le 13 juillet 2015, qui avaient réduit les dimensions maximales de la surface unitaire des publicités. Il viole même ouvertement la Convention européenne du paysage, ratifiée par la France le 17 mars 2006, qui, dans ses "dispositions générales", demande aux Etats signataires (38 aujourd’hui) de définir des "objectifs de qualité paysagère" répondant aux "aspirations des populations en ce qui concerne les caractéristiques paysagères de leur cadre de vie".

  • inefficacité économique

La multiplication des supports de publicité n’est pas seulement une destruction assurée du paysage mais elle constitue un leurre quant à la relance d’une économie et une supposée source de création d’emplois par la consommation .
Les changements qu’exigerait un véritable projet politique aujourd’hui passe par un réajustement du principe de consommation et un changement des modes de vie en relation directe avec toutes les préoccupations générées par le changement climatique. L’accroissement de la consommation tous azimuts se place directement à l’encontre des mesures à prendre pour envisager un avenir soutenable .

Ce projet propose :
* de remettre en cause des mesures du Grenelle 2, fruit d’une longue concertation entre associations, professionnels, alors que ces mesures concernant les panneaux sont entrées en vigueur voici quelques mois seulement (le 13 juillet 2015),
* de mettre en pièces des mesures clés du Code de l’environnement en matière d’affichage publicitaire,
*de renoncer, le lendemain même de la COP21, aux engagements donnés à la planète entière par le gouvernement français,
*de défigurer davantage nos paysages et notre environnement.

Nous demandons donc le retrait de ce projet qui n’apporte rien,ni à l’environnement, ni à l’économie.

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Une dépêche de l’agence Reuters nous apprend ce jour que  :

"La consultation publique organisée sur ce texte par le ministère de l’Ecologie, qui prend fin ce mardi, a réuni plus de 60.000 participations, dont "99% (étaient) défavorables à la diffusion des panneaux publicitaires dans tous les paysages français", a déclaré Ségolène Royal mardi en marge d’une conférence de presse sur la "Green Tech". "Nous sommes parfaitement d’accord (...) pour abandonner ces mesures qui ne sont pas consensuelles (...) et appliquer la seule disposition réglementaire qui concerne les grands stades", a ajouté Emmanuel Macron, présent à ses côtés lors de ce point presse."